Notre imagination nous aide à anticiper, à créer et à entrevoir des futurs possibles, mais elle peut aussi nourrir nos peurs et nous faire croire à des scénarios qui n’existent pas. Apprendre à reconnaître les histoires que notre cerveau invente nous permet de mieux distinguer ce que nous imaginons de ce qui se passe réellement. Un retour sur le livre Imagine that.
La docteure en psychologie Jill Suttie part de son expérience : son imagination très vive lui sert à créer et à rêver à l’avenir, mais peut aussi nourrir la peur et l’inquiétude. Elle se demande s’il est possible de favoriser les aspects positifs tout en limitant les problématiques. Cassandra Vieten, directrice de recherche à l’Arthur C. Clarke Center for Human Imagination, estime que oui. Dans son livre Imagine That, elle présente l’imagination comme une capacité que tout le monde possède et peut exercer, utile pour comprendre le passé, s’orienter dans le présent et explorer des futurs possibles.
Vieten juge réducteur de confondre imagination et créativité. Dans la vie courante, l’imagination sert à faire des prédictions (imaginer qu’un café nous aidera à nous concentrer) mais aussi à produire des idées nouvelles. La simulation s’appuie surtout sur le réseau du mode par défaut, actif quand nous ne sommes pas engagés dans une tâche précise. L’imagination générative suppose de s’en libérer pour que l’esprit établisse de nouvelles connexions.
L’imagination peut aussi poser problème : croire qu’un proche est en colère alors qu’il ne l’est pas, ou percevoir des personnes comme dangereuses à partir de préjugés. Elle comble en outre les manques de nos souvenirs et de nos perceptions. Les souvenirs étant reconstruits à chaque rappel, ils peuvent être altérés, par exemple dans les témoignages oculaires. Vieten conseille de reconnaître ce qu’on imagine comme de l’imagination, puis de décider s’il s’y trouve une information utile, si cela n’a aucune pertinence ou si cela cause du tort.
Le livre décrit cinq modes d’imagination : la réceptivité, la présence, l’embellissement, l’originalité et la temporalité. Chacun a ses avantages et ses inconvénients : une forte réceptivité peut aller avec de la souplesse cognitive mais aussi avec une influençabilité accrue. Suttie applique cette grille à elle-même et en tire des pistes pour stimuler sa créativité.
Pour exercer son imagination, Vieten propose de répéter une action avant de l’accomplir, de faire du brainstorming, de mobiliser tous ses sens, de changer de perspective et d’écrire librement. Elle suggère aussi du temps pour rêvasser, de la solitude, des promenades en forêt et, éventuellement, des psychédéliques dans un cadre sûr et contrôlé.
Source :
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Étiquettes : cerveau, créativité
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