Sauvée par un pâté

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Tout comme vous, le reste de mon pays et le monde entier

Je suis engouffrée dans une crise multi-couches. Professionnelle, vocationnelle, familiale, économique, géographique et restrictive. Mon indicateur principal se calcule ainsi :

(taux de mauvaise humeur + quantité de contrariétés à gérer) multiplié par le nombre de semaines écoulées depuis le mois de février, et le tout au carré.

Et me voici, par ce résultat vertigineux, dévitalisée

Comme vous, le reste de mon pays et du monde entier, je fais face, en mettant un pied devant l’autre, souvent à contrecoeur et le sommeil fragilisé. Je résous ce qui peut l’être, renonce souvent à l’expansion et peine à m’ajuster avec sagesse. Et lorsque j’apprends que même la possibilité de retrouver mes amis, parfois le soir pour me relancer, est désormais amputée, plutôt que de s’arranger, les conditions se durcissent. 

Comme dans un mariage, on vit avec soi pour le meilleur et pour le pire

On doit donc faire avec soi-même, tel qu’on est. Si on parvient à identifier ce qui nous manque,  il nous incombe de prendre ce besoin au sérieux, et de se rappeler que nos envies ne sont pas des coquetteries. Qu’il s’agisse d’un hobby à dominer ou un métier à trouver, nous devons tout considérer comme une aventure. Or, pour me sentir vivante et en découverte, il me faut des choses à apprendre.

Alors, le week-end dernier, il s’est produit quelque chose

Sans crier gare, pour la première fois depuis longtemps, j’ai éprouvé une envie. Bizarre, pas très pratique, soudaine et inutile, il est monté en moi un élan de désir. 

Immédiatement assouvi, je me suis inscrite à un atelier de confection de pâté en croûte. En appuyant sur un bouton de validation, je me suis trouvée “en joie”. Littéralement soulevée de gaité. Une expédition, bientôt, en pleine semaine qui allie toute mes préférences : voyage, école buissonnière, découverte totale, régal, partageable, inédit et non virtuel. Le nouveau paradis. Un truc en vrai et tout frais. 

M’est revenue cette phrase une fois entendue

 « Nos ancêtres avaient comme problème principal de se trouver à dîner, les bienheureux. Aujourd’hui, les crises existentielles se multiplient et les avocats veulent devenir pianistes. Nous sommes beaucoup plus nombreux à nous torturer pour choisir que faire de nous-mêmes. Non ? »

L’annonce d’un pâté en croûte a redonné du sens à mon existence contemporaine qu’une vilaine crise est venue ébranler. Je m’en sens aussi ridicule qu’heureuse mais je remercie mon intuition de m’avoir soufflé cette suggestion. Car oui, c’est bien à moi de me soutenir, pour le meilleur et jusqu’au bout de la croûte. 

 

Et pour du très lourd :  @pate_croute_france sur Instagram

Publié le 16 octobre 2020

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