Trousse de secours psychologique

Chronique
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Les bobos du quotidien se désinfectent, se pansent et cicatrisent, laissant parfois une petite marque, comme le rappel d’un instant déplaisant surmonté. Mais que faire des tourments intérieurs, vexations, chocs et incidents relationnels dont on aimerait aussi cicatriser rapidement, n’y a-t-il pas de trousse de secours psychologique pour nous y aider ?

Un chercheur en psychologie allergique aux thérapies (il connaissait trop de psys intimement pour en choisir un), James Pennebaker, a voulu décortiquer les mécanismes de l’écriture après avoir surmonté une crise conjugale majeure à coup de textes quotidiens circonscrits dans son journal. Des centaines de recherches effectuées depuis sa première intuition attestent que l’écriture nous apporte d’autres bienfaits que la parole ou la pensée.

Écrire oblige à clarifier les faits, émotions, interprétations, désirs, souvenirs, projets, progrès, sensations, objectifs et idées. Lorsque le cerveau envoie vers nos doigts une information qui figurera dans une phrase s’opère un premier rangement, dit de synthétisation, qui nous “décolle” de la réalité pour nous permettre à nous aussi de mieux l’appréhender.

Nos ruminations, regrets ou doutes, par exemple, sont alimentés par une petite voix intérieure qui commente nos faits et gestes en permanence. Paradoxalement, c’est en lui imposant le défi d’écrire noir sur blanc ce qu’elle nous rabâche que nous allons reprendre la main sur ses affirmations. Comme si, confrontée à une feuille de papier, elle ne pouvait faire autre chose que de se dégonfler (car, au passage, notre affect se sera réorganisé en posant sur la situation un œil beaucoup plus sensé).

Ce phénomène joue donc sur nos douleurs passées ou présentes. Mais il est aussi encourageant pour soutenir nos plans, ambitions et désirs. En les mettant par écrit sous la forme d’un journal, d’une liste ou d’un texte créatif, nous libérons une possibilité de plus de les voir se manifester. Comme une vitamine préventive qui viendrait booster nos possibilités.

Pour tous ces instants au cours desquels on se sent acculés, tristes, égarés, ou mieux encore pour provoquer de la satisfaction, de la fierté et décupler notre énergie, ayons donc le réflexe de noter, disserter, résumer ou inventer par écrit ce que nous espérons de la vie. Elle sera ainsi plus libre, claire, légère et affirmée. Et nous en sortirons systématiquement apaisés. Voici donc ce qui se trouve à l’intérieur d’une bonne trousse de secours psychologique : un stylo et un journal.

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