Les éléphants ont aussi des amis

Chronique PSYCHOLOGIE POSITIVE MAGAZINE 45
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L’amitié est universelle

L’université de Yale1, qui suit l’évolution des 400 cultures les plus étudiées au monde, a identifié l’amitié comme une valeur présente dans 395 d’entre elles. Avoir des amis n’est, du reste, pas réservé aux humains, puisque les primates, les éléphants, les dauphins, les baleines et d’autres mammifères se font aussi des copains. Dans 95% des sociétés passées au crible, il apparaît que l’aide mutuelle figure au centre de ce qu’est une relation amicale et que tenir une comptabilité de réciprocité de ces coups de mains, n’en fait pas partie. Et même si la plupart des études soulignent la suprématie de la qualité sur la quantité d’amis, quand on en vient à la camaraderie, il n’en reste pas moins que les personnes qui comptent cinq amis ou plus, sont plus heureuses que le reste de la population.

Sans surprise, c’est à l’adolescence que nous sommes le plus entourés (9 potes en moyenne),

mais, nous allons en perdre au fur et à mesure de nos développements : mariages, emplois, déménagements, etc. Ce qui est bien dommage, dans la mesure où Daniel Kahneman, prix Nobel, a découvert que nous sommes au plus heureux en présence de nos amis. Et si nous considérerons certains de nos collègues comme des proches nous sommes globalement 96% plus heureux même en dehors du travail. Bref, il y a pléthore de données consacrant l’importance de l’amitié, et cependant, c’est une relation qui ne bénéficie pas du même traitement que les autres.

Personne n’est thérapeute d’amitié

En effet, lorsque nous rencontrons des difficultés à éduquer nos enfants ou au sein d’un couple, il existe des spécialistes et conseillers en tout genre vers lesquels nous pouvons nous tourner pour obtenir de l’aide. Mais personne n’est thérapeute d’amitié. Car l’amitié n’est pas une relation institutionalisée. Elle n’est encadrée par aucun texte de loi, confirmée par aucune analyse de sang et promue par aucun lobby. Ses contours sont si flous que si l’on cesse, par exemple, de se confier à quelqu’un, on ne risque pas de recevoir une réclamation par courrier recommandé.
Mais alors, pourquoi l’amitié ne faille pas l’objet de plus structure ?

Parce que c’est sa fragilité qui lui donne de la force et de la pureté. Offrir son amitié relève d’un choix délibéré que personne ne peut nous imposer. Beaucoup de nos autres relations demeurent même si on ne s’aime plus (époux, collègues, parents), mais pas l’amitié. Et ce qu’il est possible de quitter sans fracas se chéri avec pudeur, respect et joie. L’amitié est probablement, la plus nourrissante de nos libertés.
Soignons-la.

Votre exercice : éprouver de la gratitude pour les amitiés que vous entretenez.

 

1Human relations Area Files (HRAF)- https://hraf.yale.edu

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